Le biofeedback dans la constipation terminale
On appelle constipation terminale, l'impossibilité
d'évacuer les selles même si elles sont suffisamment
ramollies par les laxatifs. Dans certains cas, elle se traduit
par une absence d'envie d'aller à la selle, le rectum se
laisse distendre sans signaler au cerveau la nécessité
d'évacuer : c'est l'hyposensibilité rectale voir
le megarectum.
Plusieurs anomalies peuvent expliquer la constipation terminale
:
- L'anisme : contraction paradoxale
du canal anal lors de la poussée. La rééducation
vise à faire prendre conscience de l'anomalie, à
obtenir une relaxation du périnée lors de la poussée
en utilisant la manuvre de Valsalva (inspiration profonde
et blocage des poumons). Cette manuvre entraîne généralement
une relaxation réflexe du canal anal que le patient visualise
sur l'écran informatique, le mouvement étant retransmis
par la sonde placée dans le canal anal. La répétition
du mouvement vient progressivement remplacer le mauvais réflexe.
Il faut environ 10 séances de rééducation
à un rythme environ d'une séance par semaine. Des
séances de rappel sont souvent nécessaires.
- La sensibilité rectale
: le ballonnet intrarectal est gonflé jusqu'au seuil de
sensibilité, puis le volume du ballonnet est progressivement
diminué, sa présence dans le canal anal restant
ressentit par le patient.
Le biofeedback dans l'incontinence anale
L'incontinence anale est parfois liée à
une constipation terminale, un rectum plein est source de fuites,
à l'effort notamment. Dans ce cas, la rééducation
est celle décrite ci-dessus.
- Si la force de contraction du sphincter anal
est insuffisante, on utilise l'électrostimulation : le
courant appliqué en surface par l'électrode située
sur le diabolo placé dans le canal anal, induit une contraction
du sphincter. Ces contractions répétées,
améliorent la force musculaire. Le périnée
est en effet un muscle très sollicité, qui porte
l'ensemble du tronc, et que l'on n'entretien pas à la différence
des autres muscles entretenus par le sport. L'électrostimulation,
est une rééducation passive, le kinésithérapeute
prend ensuite le relais avec une rééducation active
qui consiste à apprendre au patient à entretenir
les muscles du périnée par un travail de contractions
musculaires répétées.
- L'hypersensibilité du rectum est la rééducation
inverse de l'hyposensibilité. L'incapacité du rectum
à se distendre et à s'adapter lui fait perdre son
rôle de réservoir d'où des évacuations
fractionnées et urgentes, les selles deviennent difficiles
à retenir. Le ballonnet intrarectal est progressivement
gonflé. Le résultat de cette rééducation
est aléatoire, elle est meilleure dans les hypersensibilités
rectales d'origine neurologique, mais moins efficace en cas de
réduction de l'élasticité du rectum comme
dans les chirurgies du cancer du rectum par exemple.
- Lorsque le rectum se remplit de selles, le sphincter externe
se contracte de façon réflexe : c'est la contraction
réflexe du sphincter externe. Parfois, ce réflexe
disparaît, la rééducation consiste à
gonfler un ballonnet dans le rectum et à demander au patient
une contraction du canal anal dès qu'il ressent la présence
du ballonnet. C'est la rééducation inverse de l'anisme.
Conclusion
Le biofeedback doit aussi être, pour le kinésithérapeute,
l'occasion d'établir une relation psychologique avec le
patient , d'être à l'écoute du patient, des
problèmes qui ont pu influencer ou déclancher les
troubles digestifs. Rétablir une synergie entre l'abdomen
et le périnée passe par une prise de conscience
de l'image corporelle. La présence donc du kinésithérapeute
auprès du patient tout le long de la séance est
indispensable.