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EN QUOI CONSISTE LE SPHINCTER ANAL ARTIFICIEL ET COMMENT MARCHE-T-IL
?
Le sphincter artificiel est utilisé avec succès depuis
près de 30 ans dans le traitement de l'incontinence urinaire.
Au début des années 1990, il a été implanté
chez quelques patients au niveau de l'anus. La mise au point d'un
sphincter artificiel fiable et bien toléré, spécifiquement
adapté à l'anus a été réalisée
en 1996 (Acticon Neosphincter®, American Medical System) (Figure
1).

Figure 1a :
Sphincter anal artificiel (Acticon Neosphincter®) avec
l'ensemble des éléments constituant le sphincter anal
artificiel : un
manchon pour assurer l'occlusion du canal anal, un réservoir
liquidien
pour assurer le remplissage du manchon, une petite pompe pour faire
migrer le liquide d'un espace vers l'autre et des tubulures.

Figure 1b :
Position du sphincter anal artificiel après implantation
chez une femme. Noter que la pompe doit être actionnée
par
des pressions successives à travers la peau de la vulve.
Il s'agit d'un dispositif en silicone,
semi-automatique totalement implantable qui est composé de
trois éléments reliés entre eux par des tubulures
hydrauliques placés dans les tissus sous-cutanés :
une manchette gonflable placée autour de l'anus assurant
l'occlusion anale, un ballon réservoir et régulateur
de pression placé à côté de la vessie
et une pompe placée dans la grande lèvre (chez la
femme) (figure 1b) ou le scrotum (chez l'homme), seule partie de
la prothèse accessible au patient. Le sphincter assure de
façon permanente et automatique une occlusion de l'anus.
La défécation est activée par le patient qui,
par 5 à 10 pressions sur la pompe, permet de vidanger la
manchette péri anale, ouvrant ainsi l'anus. Le remplissage
de la manchette refermant l'anus se fait automatiquement quelques
minutes plus tard grâce au système de pression hydraulique
(Figure 2).

Figure 2
: Mode de fonctionnement du sphincter anal artificiel
EN QUOI CONSISTENT L'INTERVENTION
CHIRURGICALE ET LES SOINS PERI-OPERATOIRES ?
La pose d'un sphincter artificiel anal
est techniquement simple et entraîne peu de risque de "rejet"
mais nécessite une prise en charge rigoureuse du fait des
risques infectieux. Elle doit donc être réalisée
dans un centre spécialisé. En effet, une formation
préalable du chirurgien ainsi que du personnel du bloc opératoire
est indispensable de manière à obtenir une asepsie
maximale, l'infection étant, avec la survenue d'une panne
mécanique, la cause essentielle d'échec et de retrait
de la prothèse. La qualité des soins péri-opératoires
a donc un rôle prophylactique primordial pour limiter le risque
infectieux.
L'intervention chirurgicale nécessite une hospitalisation
d'environ une semaine. Une préparation colique par simple
lavement rectal ainsi qu'une préparation cutanée (lavage
bétadiné et rasage) sont préconisées
la veille de la chirurgie. Une antibioprophylaxie per-opératoire
est faite. L'implantation du matériel prothétique
est relativement simple et est réalisée sous anesthésie
générale. L'intervention dure environ 2 heures. Elle
est faite par deux voies d'abord. La manchette est placée
par une voie d'abord périnéale antérieure (incision
cutanée près de l'anus) en réalisant une dissection
de l'espace entre le rectum et le vagin (femme) ou entre le rectum
et la prostate (homme). Ensuite, un tunnel péri-anal est
créé par dissection au doigt et la circonférence
du canal anal est mesurée et calibrée pour permettre
l'implantation de la manchette sélectionnée.
Puis, une incision cutanée
abdominale (au niveau du pli de l'aine) est réalisée
pour permettre l'implantation du ballon à côté
de la vessie. La pompe de contrôle est introduite par l'incision
abdominale et placée en sous-cutanée dans le scrotum
chez l'homme et la grande lèvre chez la femme. Enfin, les
tubulures reliant les 3 systèmes entre eux sont mises en
place après tunnelisation sous-cutanée des trajets.
La pompe est munie d'un bouton de désactivation qui permet
de bloquer les échanges liquidiens. Ceci est utile durant
la période post opératoire immédiate. En effet,
le sphincter n'est pas activé pendant une période
de 2 mois de manière à favoriser la cicatrisation
et l'intégration tissulaire de la prothèse. Les patients
sont réalimentés dès le 1er jour post opératoire.
Une surveillance clinique locale est indispensable avec des soins
périnéaux quotidiens et après chaque émission
de selles.
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